Les mots de Jean.
Les mots de Jean.

 

 Jean Ciphan

Jean Ciphan est le nom de plume que l’auteur s’est choisi à l’âge de 17 ans, non sans raison, mais sans pour autant faire fi de son état civil.

Jean Yvon Chapin est né le 7 juillet 1942, troisième de sa fratrie (sept enfants). Il accomplit sa scolarité au Mans, d’abord chez les Lasalliens de l’école Saint-Joseph, puis entre en sixième au collège Notre Dame de Sainte-Croix où il bénéficie de la pédagogie ignatienne délivrée par des mentors attentifs et prestigieux. Ils lui permettent la découverte et l’accueil consenti de ce don unique qui est sans doute le propre de l’Homme : la liberté. Bachelier à dix-sept ans, il choisit d’enseigner...

À dix-neuf ans, il est affecté à l’école de garçons de Bonnétable, dans la Sarthe. Chargé de la classe de fin d’études, il rencontre Élisabeth, l’institutrice du cours préparatoire et l’épouse le 16 février 1963.

Dix ans plus tard, Jean est professeur de lettres et d’histoire dans un collège du Mans. Nommé principal en 1983, il dirige successivement les collèges de Mamers et de La Suze-sur-Sarthe.

Depuis le décès de son épouse, Jean Ciphan consacre une part importante de son temps à l’écriture.

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Pendant plus de soixante ans, l’auteur a savouré le bonheur d’écrire pour son seul plaisir. Il pense le moment venu d’oser enfin publier!

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1960

Tombé tout petit dans la marmite des mots, il croit «indispensable» de garantir la pérennité de son œuvre poétique et la rassemble sur un premier cahier qu’il intitule À tout vent. Jean signe également son premier essai littéraire, une nouvelle, Les Nicelin. C’est aussi cette année-là que le jeune homme «invente» le ciphan (3), une forme de poésie dont il reste très épris!

1962

Jeune enseignant, il rencontre l’écrivain Guy des Cars(1), alors directeur de l’Académie du Maine, et lui remet en main propre ses manuscrits. Le romancier les considère avec intérêt. Lecture faite de la nouvelle, il lui recommande «de l’étoffer pour en faire un roman».

Guy des Cars apprécie également les textes poétiques et persuade Jean Ciphan de faire parvenir son cahier à Pierre Seghers(2), créateur de la collection Poètes d’aujourd’hui. Jean s’y conforme volontiers et reçoit en retour les conseils et les encouragements de l’éminent poète.

1971 > 2002

Jean est maintenant père de quatre enfants (deux fois «le choix du roi»)! Il se lance au cours de l’été 1971 dans l’écriture d’un nouveau roman, Kermarzin.

Toutefois, ses engagements professionnels, associatifs et familiaux prennent rapidement le pas sur son violon d’Ingres! Il écrit surtout des poésies, souvent à l’attention des siens, en particulier à celle de sa «tribu» (comme son épouse et lui se plaisent à le dire, comme ses enfants, petits-enfants et toutes «les valeurs ajoutées» se plaisent à l’entendre…)

Des nouvelles* se bousculent, puis s’articulent dans la tête de l’auteur, comme s’y accrochaient déjà les petites «récitations» (c’est ainsi qu’il les nommait) quand il avait à peine l’âge de raison.

* > 1981, «L’inconnu du puy Crapaud», 1985, «Charbel et Kenneth».

1998

Une cardiopathie grave contraint l’auteur à une retraite anticipée. Son couple s’installe aux Sables-d’Olonne.

2002

Les mois, les années passent. Sur la côte de Lumière, de plain-pied dans le siècle nouveau la passion de Jean Ciphan pour les mots est intacte! Retraité, il dépoussière ses carnets Moleskine et ses cahiers Hamelin.

 Les Nicelin sommeillent toujours dans leur tiroir, Kermarzin est presque achevé, mais les protagonistes y sont en léthargie. L’auteur décide de les réveiller, car la soif d’écriture demeure. Avant de l’étancher, Jean choisit de prendre le temps nécessaire à la mise en ordre de deux ouvrages… Et celui de voyager pour découvrir ou retrouver les ambiances et les lieux que ses «héros» ont partagés. 

14 août 2003

Jean est victime d’un accident vasculaire cérébral. Une épreuve lourde, longue à surmonter et qui ne l’aurait jamais été sans le formidable soutien des soignants et des proches, en particulier celui de son épouse Élisabeth. Il lui faudra toutefois plus de dix ans pour (presque) y parvenir!

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2013

Jean Ciphan prépare La tache d’encre bleu roi chronique et récit à la fois, susceptible d’aider les personnes victimes d’AVC et celles qui les entourent.

4 juin 2015

Élisabeth Chapin décède, victime d’un cancer. Ils auront marché ensemble pendant près de cinquante-trois ans sur un beau chemin. Leur chemin. Leur vie.

Été 2015

Jean entreprend la rédaction de Mission Codlea. C’est le récit de l’aventure humanitaire exceptionnelle qu’Élisabeth a initiée et conduite pendant vingt-trois ans auprès des orphelins des maisons d’enfants de Roumanie. 

Automne 2016

L’auteur peut enfin, comme il est dit plus haut, prendre le temps de «découvrir ou retrouver les ambiances et les lieux que ses “héros” ont partagés». 2018

Jean Ciphan a rassemblé et publie sous le titre Des sentiers incertains aux chemins d’ailleurs soixante-treize de ses poèmes et fantaisies. (Son premier cahier À tout vent, devenu Mes sentiers incertains, y prend toute sa place avec les 29 textes inédits que Pierre Seghers avait bien voulu apprécier…)

    Deux romans sont achevés : les protagonistes de Kermarzin ont été réveillés et l’auteur a suivi le conseil de Guy des Cars en étoffant Les Nicelin qui paraîtront finalement sous le titre Les frères Letellier.

   Le récit La tache d’encre bleu roi sera publié prochainement.

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1 – Guy des Cars, écrivain (1911-1993)

Journaliste, il est à 28 ans rédacteur en chef du Jour. Lieutenant dans l’infanterie, il reçoit la croix de guerre pour sa conduite au front. Après la défaite de 1940, il écrit son premier roman «Lofficier sans nom» (Prix Goncourt en 1941). Il a publié de nombreux romans qui ont eu un grand succès. En 1962, il est élu directeur de l’Académie du Maine. Amoureux des Arts du cirque, il participe à la création en 1980 de la P.A.V.D.E.C. (Presse associée de la Variété, de la Danse et du Cirque).

2 – Pierre Seghers, éditeur et poète (1906-1987)

Résistant de la première heure, il fut proche de Louis Aragon, Paul Éluard, Robert Desnos et René Char. En 1939, il crée la revue P.C. 39 (pour ces Poètes casqués) qui devient l’année suivante Poésie 40, dans laquelle il publie aussi des poètes de la Résistance. Fort du succès de ces publications, il crée «Poètes d’aujourd’hui», une série de monographies dont le but est de guider les lecteurs dans l’œuvre d’un poète. Sorti de l’Imprimerie du Salut public de Lyon, le premier volume, consacré à Paul Éluard, paraît le 10 mai 1944. Après la guerre, Pierre Seghers fonde sa propre maison d’édition.

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3 – Le ciphan.

Le ciphan

est une forme fixe poétique originale

Il comporte trois strophes qui sont :

– soit des tercets (ciphan de 9 vers)

– soit des quintils (ciphan de 15 vers)

– soit des septains (ciphan de 21 vers)

– 3 tercets > ABB CAC BBA

– 3 quintils > ACCBB CCACC BBCCA

– 3 septains > ACCCBBB CCCACCC BBBCCCA 

Son rythme s’appuie sur les cinq plus petits nombres premiers impairs

> 3, 5, 7, 11, 13.

Les vers sont

– trisyllabes (3 pieds),

– pentasyllabes (5 pieds),

– heptasyllabes (7 pieds),

– hendécasyllabes (11 pieds)

– ou triskaidécasyllabes (13 pieds).

Le ciphan joue sur trois rimes seulement.

La rime A est celle des trois vers qui donnent sens au poème,

à savoir le premierle médian et le dernier.

– si A est masculine, B et C seront féminines.

– si A est féminine, B et C seront masculines.

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Mon premier ciphan!

(J’avais 18 ans! Et la véhémence insolente de cet âge.) J. C.

Qui es-Tu?

Tu serais la Voie? Je ny mettrai mon pas!

Ni ne tomberai dans la béatitude,

Ni ne sombrerai baigné d’incertitude!

Oh, certes je crains! Pardi, tu tiens leustache!

Et la Vérité? Tu la serais ou pas?

Tant de mots ourdis, assénés sans relâche!

Je serais brebis, bêlant par habitude,

Pauvre sot frappé du sceau de servitude?

Tu serais la Vie qui conduit au trépas?

«Mes sentiers incertains» – Décembre 1959

 

La Bible : Jean 14.6

Jésus lui dit : «Je suis la Voie, la Vérité, et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi».