Jean Ciphan, écrivain.
Jean Ciphan, écrivain.

 

Ce sonnet pour Robin, douzième petit-enfant de ma tribu… J.C.

 

Quand le flux fend la Marle. (1)

 

En cette nuit paisible et douce de l’automne,

La lune est prête à clore son dernier quartier…

Le clapotis des vagues en rythme monotone

Berce l’âme du golfe et bruit jusqu’au sentier

 

De Cliscouët(2) à Conleau(2)… Ni la vue ne s’étonne,

Ni l’ouïe, qui s’en ravit : le flux, en sa montée,

Fend la Marle qui sourd, s’y mêle et tourbillonne !

L’eau scintille et se moire en reflets argentés…

 

Plus haut, en la cité au blason de l’hermine (3),

À Chubert(4), en la salle où la tension domine

Le maître et les soignants s’assistent au ponton !

 

Cœur battant, souffle court, s’épuisent les scalènes...

L’enfant vient. Un instant il retient son haleine

Et pousse enfin son cri ! Bonjour, petit breton !

 

27 septembre 2008.

Jean Ciphan, « Foulées sereines »

 

(1) La Marle ou Rivière de Vannes, fleuve côtier qui se jette dans le golfe du Morbihan.

(2) Quartiers du sud de Vannes, sur la rive droite de la Marle.

(3) Référence au Château de l’Hermine, au blason et à l’Ordre de chevalerie du même nom, sous le règne de Jean IV de Bretagne (XIVe siècle). L’hermine fut remplacée par une levrette à partir du XVIe siècle et ne retrouva sa place sur le blason de la ville qu’en 1858.

(4) Centre hospitalier de Vannes.