Jean Ciphan, écrivain.
Jean Ciphan, écrivain.

 

Saisons.   

 

La forêt se dévêt de son manteau d’automne.

Tout à l’heure, là-bas, une feuille est tombée :

Elle était presque nue, toute dernière feuille

De la forêt qui perd son roux manteau d’automne,

De la forêt qui laisse son ultime feuille

Se rompre au souffle froid de la bise et tomber.

 

Mais déjà les flocons volent et tourbillonnent,

Couvrant d’un blanc linceul la forêt endeuillée.

Au creux d’un arbre mort, un oiseau se recueille,

Contemplant les flocons qui, légers, tourbillonnent

Autour de l’arbre mort où l’oiseau se recueille

Transi sous le linceul des arbres endeuillés.

 

Pourtant, là, sous la neige, un bourgeon vient d’éclore,

Prélude au renouveau du printemps qui s’éveille,

Invitant la forêt à vivre et à chanter

Comme vit le bourgeon qui, là-bas, vient d’éclore,

Comme l’oiseau de l’arbre mort, qui va chanter

En ce printemps nouveau la forêt qui s’éveille.

 

Mais déjà c’est l’été.

 

Juin 1959.

Jean Ciphan, « Sentiers incertains »